MENNECY ET SON HISTOIRE
Association régie par la loi de 1901

L'Église Saint Pierre de Mennecy

Son histoire

                                                                                                   par Nicole Duchon

Entre la Beauce et la Brie, Mennecy est en Hurepoix, dans ce petit pays d’Île-de-France qui tire son identité de ses vallées humides et de ses coteaux fertiles. Au-dessus des prés tourbeux, sur la pente qui longe la rive droite de l’Essonne, le village s’est installé au Moyen-Âge sur une terre occupée par des êtres humains depuis les temps les plus anciens.

Terres d’Église

Après les invasions barbares, l’abbaye de Saint-Denis reçoit le domaine d’Essonnes qui comprend Mennecy et Fontenay. Les moines fermiers essartent les terres sous Pépin le Bref et c’est sans doute pour cette raison que l’abbé Lebeuf conjecture que Villaregis, comprenons le fief qui est à l’origine du domaine de Villeroy, fut sûrement la Goddinga villa , l’endroit où Charlemagne rencontra les moines de Saint-Denis. Sous les Capétiens, le comté de Corbeil entre dans le domaine du roi, ce qui implique le même sort pour Villeroy, alors tenu par le vicomte de Fontenay. La terre de Mennecy, dépendante également du domaine royal, fait l’objet d’un don en faveur de la collégiale Notre-Dame de Corbeil. Très près de là, l’ancienne Varvilla gallo-romaine, la Verville, appartient alors à l’abbaye des Vaux-de-Cernay.

Au début du XIVe siècle, le fief de Villeroy est offert à Jehan de Grez, frère de l’évêque d’Auxerre et de l’abbesse d’Yerres. Après son décès, il est vendu à Notre-Dame de Paris au printemps de 1331. Peu à peu, le modeste espace féodal, devient un petit village de quelques chaumières groupées autour d’une église dédiée à la Vierge Marie.

Dure la terrible guerre de cent ans. Mennecy dépend toujours de Notre-Dame de Corbeil, la Verville de l’abbaye des Vaux-de-Cernay et Villeroy de Notre-Dame de Paris. Il faut attendre le XVIe siècle pour que la réunion soit effective sous l’autorité d’un seul seigneur, lorsque Nicolas IV de Neufville achète les droits seigneuriaux, rase l’église Notre-Dame de Villeroy, et réunit l’ensemble en une seule paroisse, celle de Saint-Pierre de Mennecy-Villeroy.

Le lieu de culte

Avant le XIIIe siècle, le village a déjà une église qui n’est pas encore dédiée à saint Pierre. Il s’agit vraisemblablement d’un édifice roman, placé sur la même butte que celle qui soutient le sanctuaire actuel. On peut imaginer le bâtiment d’alors plus petit, au chevet orienté, c’est-à-dire construit perpendiculairement à la construction que nous voyons aujourd’hui. De ce lieu de culte, il est possible que nous soit parvenue la face féline qui défie les démons dans le narthex.

 

Au milieu du XIIIe siècle, le village est doté d’une superbe église gothique, imposante et étonnante pour une petite paroisse de campagne. La particularité du monument réside dans son implantation nord-sud, peu conventionnelle, ainsi que dans sa disposition intérieure en deux nefs, qui semble n’être apparue en France qu’en l’an 1221, après la construction par Saint Louis de la première église de ce type, les Jacobins de Paris.

La mise au jour récente d’une sépulture du XIVe siècle, construite dans le sol, sous le clocher, a apporté son complément d’information et de mystère: dans le sarcophage de plâtre, à côté du corps placé en décubitus dorsal, se trouvait une longue badine de coudrier, identique à celles que l’on a pu découvrir dans certaines sépultures royales. Cinq coquemars utilisés comme brûle-parfum entouraient la construction. L’identité du défunt n’a pas pu être identifiée en raison d’une fonte des os. II ne fut même pas possible d’attribuer un sexe à la personne, notable sans aucun doute, qui dort depuis sept cents ans sous le clocher de Saint-Pierre.

 

 

Lorsque, en 1607, Nicolas de Neufville fait raser l’église de Villeroy, il est tenu de fonder une chapelle dédiée à Notre-Dame en l’église de Mennecy. Cela explique la présence d’un deuxième autel à gauche du chevet.

 

Le décor

Les meubles et objets d’art qui sont conservés en l’église Saint-Pierre datent en partie de l’Ancien Régime et sont protégés au titre des Monuments Historiques.

Les pièces maîtresses sont les deux imposants retables qui ont une étonnante histoire. Celui du maître-autel a en effet été acheté d’occasion en 1698 à la vénérable église Saint-Sulpice de Favières. Avec les pièces de bois non utilisées, un menuisier local fut chargé de construire celui de la Sainte Vierge. Le résultat est un peu gauche, mais riche de témoignage de foi, puisque réalisé grâce aux deniers des paroissiens.

Les bancs clos et le banc d'œuvre, la chaire, le confessionnal, les balustres en bois, les panneaux muraux en boiserie sculptée, sont autant de meubles du XVIIIe siècle qui ont survécu à la période Révolutionnaire.

 

Le réveil paroissien

En effet, pendant la Révolution, l’église est transformée en Temple de la Raison, puis fermée. Après le Concordat, le culte rétabli s’exerce dans le cadre d’une paroisse réunie comprenant celles de Mennecy, Écharcon et Ormoy. Au début du XXe siècle, après la Séparation des Églises et de l’État, le bâtiment cultuel reconnu communal est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, tandis que les meubles sont soient classés, soient inscrits. La paroisse en garde toutefois la jouissance.

À l’aube du XXIe siècle

De nos jours, dans un lieu bien entretenu par la ville, les équipes ou associations paroissiales de Mennecy-Ormoy animent une vie chrétienne riche d’activités, en accord avec une modernité qui laisse présager un avenir souriant à l’église Saint-Pierre.

 


 

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