MENNECY ET SON HISTOIRE
Association régie par la loi de 1901

Avant, pendant et après…

L’Histoire est faite de périodes, voire d’événements qui se succèdent, de manière totalement ininterrompue.
Parler aujourd’hui du temps d’avant le nouveau virus sous-entend que nous ne reviendrons jamais à la vie que nous menions avant la pandémie de 2020. Cela est possible. Faut-il pour autant arrêter de vivre ? Le monde ne change pas, il évolue.  
Dans ce nouveau numéro de notre revue, nous publions ce que nous avons retrouvé concernant les propriétaires de Villeroy au XIXe siècle. Après la Révolution, les familles qui ont acquis le domaine du ci-devant duc n’avaient plus les mêmes droits ou privilèges que l’aristocrate guillotiné mais continuaient d’être remarquées par le citoyen local qui leur accordait une notabilité liée essentiellement à l’apparence de leur niveau de richesse et à l’étendue de leurs réseaux sociaux.
Partant du Normand attiré par la rentabilité de belles fermes, en passant par l’Auvergnat ferrailleur et démolisseur capable de fonder l’une des plus belles entreprises de France, nous faisons la connaissance d’un comte d’Empire qui a passé le relai à un couple d’ex-esclavagistes, issu d’une famille devenue riche grâce au rapport des plantations de café à l’Île Bourbon.
Ce couple, puis leur fille, ont possédé Villeroy pendant cinquante ans. Un demi-siècle de présence quasi aristocratique dans un village qui comptait mille cinq cents âmes.  Devenus châtelains dans ce qui restait des communs de l’ancien château, ils ont participé à la vie locale. Membres du conseil municipal, de la fabrique, du bureau de bienfaisance, ils ont vécu une vie de rentiers, attachés à d’anciens titres, friands de particules et de distinctions, protecteurs de leur personnel, de princes déchus et d’artistes infortunés.
Ainsi vécu Luce Eugénie Hibon de Frohen, comtesse de Vaucouleurs de Lanjamet. Issue d’une branche de cette famille originaire de l’Île Bourbon, elle est née à Paris en 1838 et n’a pas vécu la vie des maîtres des plantations. Elle était malgré tout leur héritière. Peut-on pour autant lui faire le reproche de l’identité et de l’activité de ses parents ?
S’il est indéniable que nous devons connaître le passé sans nous voiler la face, il faut le replacer dans son contexte et ne pas rendre systématiquement les descendants coupables des faits, gestes, habitudes ou coutumes de leurs ancêtres. Chacun a le droit d’évoluer.
Vivons donc notre existence en 2021, dans notre époque en vraisemblable mutation. Veillons à ne pas reconduire les erreurs de nos ancêtres et donnons à nos enfants les valeurs fraternelles et humanistes nécessaires dans un monde en perpétuelle évolution.

 

Nicole Duchon